Autres textes


  • Pourquoi le communisme n’est-il plus qu’une référence historique pour les membres de Temps critiques ?, Jacques Guigou, Jacques Wajnsztejn

    Le 9 mai 2019, dans une lettre adressée à Temps cri­ti­ques, Marten Björk, membre de la revue Tidskeiften Subaltern écri­vait :

    « Je suis par­ti­culièrement intéressé à com­pren­dre pour­quoi vous avez aban­donné l’uti­li­sa­tion du com­mu­nisme, je sup­pose que ce n’est pas seu­le­ment pour des rai­sons stratégiques mais parce que vous le voyez comme appar­te­nant à une autre phase du capi­ta­lisme ? Je vois aussi des liens avec l’œuvre de J. Camatte et j’ai vu que vous avez écrit sur Invariance, Camatte et Darlet. »

  • Gilets jaunes : « une République du genre humain », Temps critiques

    Un caractère d’événement
    Alors que le pouvoir en place et l’État attendent toujours plus ou moins une petite révolte paysanne encadrée par la FNSEA, un mouvement de cheminots ou d’enseignants encadrés par les syndicats de salariés qui savent ne pas dépasser la ligne jaune ou même un mouvement lycéen ou une révolte des banlieues qu’ils savent plus difficile à contrôler, c’est du côté d’une population majoritairement rendue invisible qu’est venue la surprise en des temps qui sont ceux où les différentes forces (...)

  • Dans les rets du RIC, Temps critiques

    Après avoir élargi ses revendications de départ et continué à refuser de négocier, ce dernier point étant essentiel dans le maintien d’un rapport de force avec les pouvoirs en place, la difficulté qu’a le mouvement à s’étendre sur cette base (voir le caractère éphémère de la jonction du 5 février, l’échec de la liaison avec le mouvement lycéen en décembre, le peu d’empressement qu’ont les habitants des banlieues à le rejoindre), le conduit à se refermer sur lui-même dans une revendication qui fait peut être son (...)

  • Après la révolution du capital, Jacques Wajnsztejn

    Le pourquoi d’une formule
    Au-delà de son titre un peu provocateur, cette expression rend compte du moment historique à partir duquel nous développons notre analyse. C’est celui de la défaite du dernier assaut révolutionnaire des années soixante et soixante-dix qui s’est mené au niveau international, mais sans la moindre coordination explicite entre ses différentes composantes nationales. Il y a eu diffusion et imprégnation, mais sans unité ni organisation formelle commune.
    Cet assaut indiquait encore (...)

  • Méthode rétrologique et théories du complot, Jacques Guigou, Jacques Wajnsztejn

    Rétrologie : (de l’italien : dietrologia, de dietro, de derrière). Discipline qui prétend prédire le passé en cherchant la chose derrière les choses. Elle se nourrit des théories du complot.
    Ce qui est étonnant, c’est que les théories du complot s’originent traditionnellement à l’extrême droite ou dans les cercles du Pouvoir (le juge Calogero), or ici, pour l’Italie, si Calogero a allumé la mèche, c’est plutôt à gauche (juges proches du PCI), à l’extrême gauche (situationnistes) et parmi dissociés et (...)

  • Capitalisation et reproduction rétrécie, Jacques Wajnsztejn

    Ce texte n’était à l’origine qu’une réponse à un correspondant après quelques échanges autour d’articles de presse récents1. Mais comme j’avais aussi idée d’éclaircir les notions plus abstraites de capitalisation et de reproduction rétrécie, j’ai finalement préféré répondre par un article plus général qui puisse être discuté par tout le monde.
    L’idéologie du bon capitalisme
    Ces articles de presse lancent un cri d’alarme à la crise parce que l’économie actuelle (prise comme une entité totalement autonomisée (...)

  • Mai 68 à Lyon : Trimards, Mouvement du 22 mars et mémoire rétroactive, Jacques Wajnsztejn

    Question de méthode
    Tout exercice de mémoire, toute remémoration suppose une vigilance scrupuleuse qui permet de s’approcher au maximum d’une vérité par réflexivité et non pas d’une vérité absolue. Cela implique un effort de distinction entre sa propre perception subjective — avec le risque annexe des illusions de mémoire toujours aux aguets — et la simple restitution des choses et des faits. Il s’agit de séparer jugements de valeur et jugements de fait, en coupant à la racine toute tentation de (...)

  • Rapports à la nature, productivisme et critique écologique, Jacques Wajnsztejn

    Cet article se situe dans la continuité et l’approfondissement des textes publiés sur le blog ou sur le site autour de technologie et capital d’une part et des insuffisances de la critique anticapitaliste d’autre part.
    Plus concrètement, le point de départ sera principalement ici une critique du livre de João Bernardo : Contre l’écologie, NPNF, 2017 et aussi l’intégration de remarques à propos du livre de Philippe Pelletier : La critique du productivisme dans les années 1930. Mythe et réalités, Noir et (...)

  • Sur la technique (et les nouvelles technologies) dans la société capitalisée, Jacques Wajnsztejn

    Marx a rétréci la totalité de la vie sociale en la réduisant à l’activité productive des hommes et ce faisant en posant le travail comme activité générique aliénée en oubliant l’activité en général, la passion de l’activité. L’une des conséquences de cette démarche est de poser la technique comme un pouvoir de cette activité productive sur la matière et donc sur ce que l’on nomme « la nature » dont nous nous éloignons forcément dans une distanciation par rapport à ce que nous appelons communément « nature ». En (...)

  • Les impasses de la grande dévalorisation, Jacques Guigou, Jacques Wajnsztejn


    Au début des années 2000, nous avons déjà présenté et critiqué les thèses de la revue allemande Krisis. Après des échanges avec les principaux auteurs de cette revue, nous nous sommes aperçus de points de divergence importants autour de la question de la valeur. La parution de leur dernier livre : La grande dévalorisation. Pourquoi la spéculation et la dette de l’État ne sont pas les causes de la crise de Lohoff et Trenkle, Post-éditions, 2014, nous donne l’occasion d’y revenir.

  • État et souveraineté à l’épreuve des migrations internationales et du « Brexit », Jacques Guigou, Jacques Wajnsztejn

    La crise actuelle de l’Union européenne semble illustrer notre propos plus général sur l’État dans la société capitalisée à partir de notre conceptualisation récente centrée sur les trois niveaux de domination du capital mondialisé1.
    On peut dire que le niveau I, qui est celui de l’hypercapitalisme et qui est le moteur du processus de globalisation/mondialisation, rencontre des difficultés. Non pas à étendre son emprise, mais tout d’abord à faire qu’il en sorte un ordre mondial minimum, ceci en l’absence (...)

  • Projet de loi-travail et convergence des luttes : un malentendu ?, Temps critiques

    Le projet de loi El Khomri comme le projet de réforme du code de travail de Badinter ne peuvent se comprendre que dans la perspective plus large d’une dynamique du capital qui ne repose plus principalement sur la force de travail vivante, car celle-ci devient inessentielle dans le procès de valorisation. Ce n’est pas synonyme de fin du travail mais de crise du travail et la question de l’emploi et du chômage remplace aujourd’hui la critique du travail que portaient les mouvements prolétaires des (...)

  • Dans l’angle mort du 13 novembre, Temps critiques

    6-7 janvier 2015 – 13 novembre 2015 : une continuité ?

    Sans vouloir extrapoler ou sur-interpréter, on peut remarquer une certaine continuité dans les objectifs des attentats de janvier et ceux de novembre 2015. Les premiers étaient étroitement ciblés (journalistes de Charlie et Juifs de l’hypermarché casher) et hautement symboliques ; les seconds relèvent d’un ciblage beaucoup plus large sur les lieux de plaisir de l’Occident. Il s’agit d’une sorte d’« extension du domaine de la lutte » quant à l’ampleur de l’entreprise et ses résultats mortifères. On peut aussi remarquer une continuité au niveau du théâtre des opérations : la France constitue une cible privilégiée et ce n’est pas nouveau, même si des attentats au Liban et à Bamako au Mali ont eu lieu à peu près au même moment.

  • État islamique ou communauté despotique ?, Jacques Guigou

    En 2003, à propos d’Al-Qaïda, nous montrions1 que la notion de proto-État déjà avancée par certains pour qualifier cette nébuleuse du terrorisme islamiste n’était pas appropriée. Trop dépendant au modèle de l’État-nation, alors que celui-ci est partout non seulement affaibli mais souvent décomposé par la globalisation économique et la puissance mondiale multipolaire du capital, il apparaissait déjà nettement que les actions d’Al-Qaïda et de ses alliés régionaux n’étaient pas celles d’un « proto-État » en ce (...)

  • Vernissage d’une antiquité : le « défaitisme révolutionnaire », Temps critiques

    À propos des attaques islamistes de Paris, nous avons reçu un tract1 qui passe une couche de vernis sur une ancienne position de la gauche communiste devenue aujourd’hui une antiquité : le défaitisme révolutionnaire.
    Premièrement, le tract est marqué par son incapacité à reconnaître ce qui est nouveau
    D’après lui, nous serions dans un système capitaliste mondialisé. On peut donc supposer, sans pour cela perdre du temps à s’interroger sur la validité de la notion (kautskienne je crois) de « (...)

  • Après la révolution du capital, Jacques Wajnsztejn

    Le pourquoi d’une formule
    Par-delà son titre un peu provocateur, cette expression rend compte du moment historique à partir duquel nous nous plaçons. C’est celui de la défaite du dernier assaut révolutionnaire mondial des années 60-70. Cet assaut indiquait la limite extrême de son caractère classiste et prolétarien surtout à partir de l’exemple de « l’automne chaud italien » (1969) et en même temps le fait qu’il comprenait déjà l’exigence de la révolution à titre humain, la critique du travail et le (...)

  • Présentation critique de la brochure Avortement et pénurie, Jacques Wajnsztejn

    Un cadre général d’analyse strictement marxiste
    Ce qui prédomine est une interprétation de l’histoire de l’humanité en termes de modes de production alors que nous pensons que seul le mode de production capitaliste — et encore uniquement dans sa phase de domination formelle — peut être caractérisé comme tel. Il s’ensuit toute une validation des thèses d’Engels sur la famille et la femme-prolétaire la plus exploitée sous la double forme de chair à plus-value et de reproductrice. Cela est finalement étendu (...)

  • Le capital comme pouvoir, Jonathan Nitzan, Shimson Bichler

    Présentation de l’article
    Notre présen­ta­tion cri­ti­que du livre de Bichler et Nitzan Le capi­tal comme pou­voir a tenu une place impor­tante dans le no 17 de Temps cri­ti­ques (prin­temps 2014) non seu­le­ment à cause de l’intérêt intrinsèque du livre mais aussi parce qu’il s’insérait par­fai­te­ment et de façon complémen­taire à notre propre souci de mettre en avant cette “poli­ti­que du capi­tal” dont nous par­lons abon­dam­ment depuis notre no 15 et le livre Après la révolu­tion du capi­tal mais sans que nous (...)

  • Quelques compléments et retours à propos de l’ANI, Jacques Wajnsztejn

    Ce texte est le prolongement du numéro 11 d’Interventions
    L’accord correspond à une transformation de la médiation syndicale française qui s’oriente (encore timidement) vers une co-gestion à l’allemande centrée sur l’entreprise et ceci même si l’aspect interprofessionnel est maintenu dans le titre de l’accord. L’ambiguïté de l’accord apparaît bien dans l’article 18 sur « le maintien dans l’emploi » qui relève de la seule décision de l’entreprise, mais sous le contrôle de la loi. L’ANI ne représente donc pas (...)

  • Quarante ans plus tard : retour sur la revue Invariance [version 2], Temps critiques

    Jean-Louis Darlet nous a adressé une lettre à propos du capital fictif. Son propos nous a conduits à revenir sur son apport à la revue Invariance à laquelle il a participé activement entre 1970 et 1975 (séries II et III de la revue). Dans le texte qui suit, nous confrontons notre propre approche à ce qu’a développé la revue Invariance durant cette même période. Brève présentation de la revue Invariance1
    La revue Invariance est issue de la fraction de gauche du parti communiste italien (PCI) qui s’est (...)

  • Consommation et dynamique du capital, Jacques Wajnsztejn

    1 – Le phénomène de la consommation est extérieur au marxisme qui ne lui reconnaît qu’un caractère minimum défini à la fois comme niveau relatif et historique de subsistance et comme liés à des « besoins1 ». La loi d’airain des salaires de Ricardo est censée ramener constamment les salaires à ce niveau de subsistance. Les marxistes reprendront ensuite cela sans véritable discussion avec les théories de la paupérisation relative et de la paupérisation absolue. Il n’y avait là dedans aucune position morale (...)

  • Notes de lecture sur le livre Le capital comme pouvoir, Jacques Wajnsztejn

    Certaines des thèses du livre de Nitzan et Bichler se rapprochent de celles de Temps critiques et il me semble qu’on s’en aperçoit en lisant mon dernier article « La communisation n’est pas un long fleuve tranquille » dans lequel ils sont d’ailleurs cités. Tout d’abord une critique de la loi de la valeur…
    C’est assez logique puisque comme moi, ils s’appuient sur le Castoriadis de la période « Cardan » pour critiquer l’économisme de Marx et sa théorie de la valeur. Donc je ne reviendrai pas ici sur cette (...)

  • Critique du travail et révolution du capital, Jacques Wajnsztejn

    Comme toujours, quand un cycle révolutionnaire atteint ses limites, c’est sur ces limites que prospère le cycle suivant, qu’il s’agisse d’un cycle contre-révolutionnaire comme celui des années 1920-1930 succédant aux révolutions russes et allemandes ou qu’il s’agisse d’un cycle de restructuration comme celui qui succède aux années 1960-1970. Dans les deux cas il procède par retournement de ces limites à son profit.
    La critique et le mouvement de refus du travail ont ainsi été retournés au profit du (...)

  • Quarante ans plus tard : retour sur la revue Invariance, Temps critiques

    Pour rendre immédia­te­ment lisi­bles les rap­ports entre les thèses d’Invariance et notre propre appro­che, nous pla­ce­rons entre cro­chets nos remar­ques (avec, le plus sou­vent, un retrait).
    Jean-Louis Darlet nous a adressé une lettre à propos du capital fictif. Son propos nous a conduits à revenir sur son apport à la revue Invariance à laquelle il a participé activement entre 1970 et 1975 (séries II et III de la revue). Dans le texte qui suit, nous confrontons notre propre approche à ce qu’à développé (...)

  • Marx, l’État et la théorie de la dérivation , Jacques Guigou, Jacques Wajnsztejn

    Marx et l’État dans les œuvres de jeunesse. L’influence de la révolution française
    La question des rapports entre État et capital dans les divers moments de la pensée de Marx est pour le moins une question floue. Si on suit La critique de la philosophie du droit, c’est-à-dire une œuvre de jeunesse (1843), Marx part du Hegel de La philosophie du droit qui exalte l’État comme sujet immanent contre la religion transcendante. Il est non seulement la réalisation de l’idée, mais plus concrètement le niveau (...)

  • La théorie de la communisation n’est pas un long fleuve tranquille, Jacques Wajnsztejn

    Le livre fait justice d’un certain nombre de confusions habituelles dans les courants de l’extrême gauche…
    1 - Il récuse la séparation faite par les milieux alternatifs et la pensée type Monde Diplomatique entre économie réelle et finance, une dualité commune aussi bien aux économistes libéraux qui opposent le réel et le nominal qu’aux économistes marxistes qui opposent valeur et prix. De Mattis rompt cette dualité en affirmant qu’aucun secteur économique ne peut exister sans crédit. C’est reconnaître (...)

  • Commentaires critiques de : M. Postone, « Histoire et impuissance politique* » et de N. Trenkel, « Séisme sur le marché mondial** », Jacques Wajnsztejn

    Tout d’abord une précision : pour indiquer qu’il ne s’agit pas là d’une critique polémique à outrance contre Postone, je rappelle que Temps critiques a réalisé la première traduction en français d’un de ses ouvrages (La logique de l’antisémitisme) dans son no 2 de 1990. Il n’en demeure pas moins qu’il me paraît nécessaire de préciser nos divergences, l’écho de ses thèses ayant été amplifié, de façon indirecte, par leur utilisation dans des revues comme Krisis et Exit en Allemagne et dans les ouvrages d’A. Jappe (...)

  • Une lecture insurrectionnaliste de l’autonomie italienne, Jacques Wajnsztejn

    Le livre est intéressant d’abord d’un point de vue factuel, mais aussi parce qu’il intègre de bonnes citations dont certaines assez peu connues comme celle de F. Piperno sur le mouvement de refus du travail ou celle de L. Castellano à son procès pour dénoncer la théorie du complot. Enfin, le livre marque bien la césure que représente le mouvement de 1977 par rapport au mouvement qui l’a précédé entre 1968 et 1973. « S’il y eut rupture en 1977, c’est que pour la première fois un mouvement révolutionnaire (...)

  • Une énième diatribe contre la chrématistique, Jacques Wajnsztejn

    Dans un article récent1 paru dans Le Monde, sous le titre « L’argent est-il devenu obsolète ? Un fétiche en voie de dévalorisation », Anselm Jappe profère une énième diatribe contre l’argent, ce grand pervertisseur.
    On peut supposer que le double titre indique une intervention de la rédaction du journal pour imposer un titre plus lisible. Dans le doute nous n’interviendrons pas sur ce point même si comme il nous apparaît à la lecture de l’article, intervenir dans un journal comme Le Monde n’est pas sans (...)

  • Quelques réflexions à partir de deux textes de Mathieu Amiech et Julien Mattern, Jacques Wajnsztejn

    I. Que la crise s’aggrave ?1
    Ce texte reste à mi-chemin entre un énoncé de type marxiste sur la crise (crise de surproduction dans « l’économie réelle ») et des références implicites à des courants ou personnes qui ont abandonné ce type de référence comme l’Encyclopédie des Nuisances qui développe une vision catastrophiste de la crise de la « société industrielle », mais sans parler de crise de civilisation ou comme Guy Fargette pour qui la dégénérescence de ce qui fut appelé finalement à tort « le système (...)

  • Les indignés : écart ou sur-place ? Désobéissance, résistance et insubordination, Temps critiques

    Ce texte n’est pas le produit de l’actualité immédiate puisqu’il a été initié, il y a plusieurs mois déjà, dans la perspective de replacer de façon plus théorique différentes expériences de lutte dites de « résistance » ou de « désobéissance » auxquelles certains d’entre nous ont participé de manière pratique mais aussi critique. C’est tout naturellement que nous avons décidé, au vu des événements actuels dans différents pays, de les intégrer à ce cadre théorique. Qui ne voudrait pas se plier à cette « discipline » (...)

  • Lutte armée et révolution. Nouvelle réponse à Coleman, Jacques Wajnsztejn

    Temps critiques et la lutte armée
    Il est particulièrement abusif de reprocher à Temps critiques de ne pas vouloir discuter du terrorisme d'extrême gauche alors que cette question a animé une partie des trois premiers numéros de la revue avec une discussion contradictoire à propos de la RAF entre « français » et « allemands ». Cette discussion sert d'ailleurs toujours de référence comme on peut le voir dans le texte de 2010, Quelques notes critiques sur « En catimini » de Peter Vener sur les (...)

  • À propos des "Insurrections arabes", Jacques Wajnsztejn

    Max,
    Les événements dans les pays arabes n'intéressent pas que vous deux (Adam et toi) et je vous ai par exemple envoyé une petite lettre de J. Guigou sur cette question. Greg a aussi écrit quelque chose qui n'est pas négligeable en insistant sur le fait que ces régimes n'étaient pas, contrairement à ce qui a été énoncé par Raoul, des démocraties mêmes formelles1.
    Après, le problème est effectivement comme tu le dis de dépasser l'option programmatique où tout est vu à partir du prisme de (...)

  • Sur les luttes d’octobre-novembre 2010, Jacques Wajnsztejn

    Du mouvement ouvrier aux mouvements sociaux
    Si les années 1960-1970 ont constitué le point d'inflexion entre l'apogée et le déclin des mouvements prolétariens, peut-on dire qu'octobre 2010 clôt la période initiée en 1986 avec les grèves à la SNCF, dans les hôpitaux et dans la jeunesse scolarisée et sonne le glas des « mouvements sociaux » qui leur avaient succédé ? À première vue oui : il n'y a même plus de coordinations, les nouveaux syndicats comme SUD ou la CNT, vingt ans après leurs (...)

  • Réponse d’Emmanuel Barot à Jacques Wajnsztejn

    NB : En retrait les passages du texte de Jacques Wajnsztejn, en normal les éléments de réponse de Emmanuel Barot.
    Page 1 Je serais donc assez d’accord avec ta formule qui avance l’exigence « d’une matérialisation du communisme singularisé de la production et de la circulation des savoirs », mais cela implique une sorte d’immédiateté du mouvement pratique d’abolition de l’état de chose existant qui me paraît incompatible avec les idées (que tu avances) de contre-institution et d’autogestion. C’est la (...)

  • Retraites à vau-l’eau et vies par défaut, ce n’est pas une société capitalisée qu’il nous faut !, Temps critiques

    Comme Jospin qui, répondant au mouvement des chômeurs de fin 1997 début 1998, proclamait que la société doit être fondée sur le travail et non pas sur l'assistance, Sarkozy, Fillon et le medef nous disent aujourd'hui qu'il faudra travailler plus puisque nous vivrons plus longtemps. Comment affirmer plus clairement que le système de retraite n'est viable que tant que les individus n'en profitent pas ou peu longtemps ? Et effectivement, le système mis en place à l'orée des « (...)

  • Qu’est-ce que l’université aujourd’hui et pour quelles luttes ?, Jacques Wajnsztejn

    Recension de :
    Emmanuel Barot, Révolution dans l'Université. Quelques leçons théoriques et lignes tactiques tirées de l'échec du printemps 2009, Paris, La Ville Brûle, 2010.
    ISBN : 978-2-36012-008-6 - 176 pages - 13 euros Beaucoup de points m'ont intéressé :
    1 – La critique du savoir neutre, idéologie qui implique qu'il faut « sauver l'université ».
    Je l'ai soulevé moi aussi, au sein de la coordination des collectifs « École en danger », quand j'ai fait remarquer que (...)

  • Le communisme, une médiation ?, Temps critiques

    Dans son commentaire* de la préface à la seconde édition du livre de Jacques Wajnsztejn, Individu, révolte et terrorisme (L’Harmattan, 2010), Yves Coleman présente sommairement au lecteur les principales thèses de la revue Temps critiques. Il souligne la « lucidité » des auteurs pour tenter d’analyser les caractéristiques du capitalisme contemporain autrement qu’en référence au programme communiste classique, mais il « regrette » que ceux-ci versent soit dans un anarchisme anti-étatique qui n’exprime rien (...)

  • À nouveau sur l’opéraïsme, Jacques Wajnsztejn

    David, Yves pour précisions,
    Je rappelle l'intégralité de mon message : « David,
    La discussion autour du livre de Kristofferson ne m'intéresse pas particulièrement mais je ne peux laisser passer des amalgames (je n'ai pas compris si cela vient de toi ou d'Yves) du type des « ex-vieux staliniens » de Badiou à Negri. Negri n'a jamais été jeune stalinien (il n'a jamais appartenu au PCI mais à la gauche révolutionnaire minoritaire du PSI, comme d'autres membres importants de (...)

  • Activités critiques et éducation, Temps critiques

    Ce texte est une version légèrement remaniée de l’article paru dans le numéro 14 de Temps critiques
    0 – L’activité critique qui est intervention sur le devenir-autre de l’existant ne peut être confondue avec l’exercice de « l’esprit critique ». Le second est compatible avec toutes les formes et tous les contenus de l’éducation historiquement liés au système capitaliste et à son État ; la première ne l’est pas. 1 – L’esprit critique
    Dans les sociétés traditionnelles, comme dans les sociétés protohistoriques, (...)

  • Préface à la seconde édition de Individu, révolte et terrorisme, Jacques Wajnsztejn

    I – En 1986-87, lorsque j'ai rédigé la première édition de cet ouvrage qui cherchait à faire un bilan de l'échec du dernier assaut révolutionnaire de notre époque, je l'avais titré, « Individu, révolte et terrorisme1 ». Avec le recul, et le développement de nouvelles formes de terrorisme, il me semble que ce terme générique de « terrorisme » censé recouvrer toutes les formes armées de violence sociale et politique non étatique n'est plus opérant et cela pour deux raisons opposées :
    – (...)

  • Après la révolution du capital, Jacques Wajnsztejn

    Le pourquoi d'une formule
    Par-delà son titre un peu provocateur, cette expression rend compte du moment historique à partir duquel nous nous plaçons. C'est celui de la défaite du dernier assaut révolutionnaire mondial des années 60-70. Cet assaut indiquait la limite extrême de son caractère classiste et prolétarien surtout à partir de l'exemple de « l'automne chaud italien » (1969) et en même temps le fait qu'il comprenait déjà l'exigence de la révolution à titre humain, la (...)

  • Crise financière et capital fictif, Temps critiques

    « La tendance nécessaire du capital est : circulation sans temps de circulation ; cette tendance est la détermination fondamentale du crédit et des inventions de crédit du capital. D’un autre côté, le crédit est donc aussi la forme sous laquelle le capital cherche à se poser différent des capitaux particuliers ou que le capital particulier cherche à se poser en tant que capital à la différence de ses limites quantitatives […] Le plus grand résultat que le crédit apporte dans cette voie c’est le capital (...)

  • Les Théories du complot, Temps critiques

    Parce que la société italienne, plus que d’autres à l’époque, s’est révélée être celle du mensonge d’État, des attentats-massacres, de la stratégie de la tension, du réseau Gladio1 et de l’état d’exception permanent, des idéologies simplificatrices se sont développées, qui toutes ont pour point commun, le fait de nier la réalité de la violence interne des rapports et conflits sociaux dans la Péninsule, pour en faire le résultat externe d’une situation géopolitique particulière transformant le pays en jouet de la (...)

  • Remarques critiques sur le livre de Kristin Ross : Mai 68 et ses vies ultérieures, Jacques Wajnsztejn

    Ce livre a été très bien reçu dans les milieux d’extrême gauche, mais aussi dans les milieux de la critique radicale (gauche communiste ou mouvance libertaire1), ce qui est plus étonnant.
    Sans doute, son aspect relativement documenté alors que la plupart des livres sur 68 sont d’une grande pauvreté de contenu et le fait que l’auteur soit favorable au mouvement, ont joué un grand rôle dans le fait qu’il serve finalement souvent de référence à des individus assez différents. De plus sa volonté de ne pas (...)

  • Discussion de la notion de Capital fictif chez L. Goldner, Temps critiques

    Dans ce texte1 de 2003, Goldner s’affranchit de la théorie de la valeur-travail en faisant ressortir que les éléments essentiels du Livre iii du Capital de Marx ont rarement été pris en compte, or, poursuit-il, la notion de capital fictif n’apparaîtrait qu’avec ce livre iii2. Il critique les marxistes qui se focalisent sur ce qu’il nomme le « système clos » des Livres i et ii, c’est-à-dire le procès de production immédiat dans lequel « ne figurent que des capitalistes et des prolétaires ». Selon lui, le (...)

  • Enfants de sans papier quelle solidarité ?, Temps critiques

    Réduire les événements autour des enfants de sans papier à une question de droit sociaux ou politiques, et ne voir dans le mouvement de solidarité qui s’est développé autour d’eux qu’un citoyennisme, sous prétexte qu’il exprimerait un légalisme pro-étatique, relève de la myopie politique. Que le citoyennisme manifeste un modernisme par rapport aux anciennes luttes prolétariennes et à leurs acquis sociaux est patent, dès l’instant où l’on se réfère encore à une orthodoxie révolutionnaire passée ; mais cela (...)

  • Les derniers feux du programmatisme prolétarien1, Jacques Guigou, Jacques Wajnsztejn

    La “théorie de l'écart”2 n'est pas satisfaisante. Elle ne nous semble pas moins aporétique que celle qui énonçait, dans les années 70, le fameux “hiatus” entre mouvement (le cours des luttes) et but (le communisme). Le pas de côté de la première (l'ouvrier ne peut plus ni s'affirmer ni se nier) ne fait que remplacer le saut de la seconde (”communisme négatif” et auto-négation de la classe). Mais ce qui était encore excusable dans la période précédente où l'inessentialisation de la force (...)

  • Complément à Mai 68 et le Mai rampant italien, Temps critiques

    Ce texte est le fruit conjoint d’une part de nos présentations publiques du livre sur 68 et d’autre part des discussions que nous avons eu au cours des débats autour du livre. Nous avons essayé d’en ressortir les points marquants. En guise d’introduction
    1968 a souvent été présentée comme l’année d’une révolte internationale, une année de révolte de la jeunesse traversant des pays aussi disparates que les États-Unis, le Japon, la Pologne, le Mexique, La rfa, l’Argentine, la Tchécoslovaquie, l’Italie et (...)

  • Division sexuelle de la théorie chez Krisis ?, Temps critiques

    Des informations, récentes et disparates, font état d’un conflit théorico-libidinal qui a divisé le Groupe Krisis et qui a conduit à une scission. Au-delà des classiques luttes internes pour le pouvoir dans l’organisation et des tensions interindividuelles qu’elles engendrent, il apparaît que cette division porte sur la reconnaissance ou non d’une détermination sexuelle de la valeur. A la lecture des numéros de la revue et de l’ensemble des textes traduits en français, on avait, certes, perçu des (...)

  • Qualifier la grève pour catalyser les luttes, Temps critiques

    Il faut revenir sur le caractère indirect de la critique du travail que représente la lutte sur les retraites. La critique ne peut être du même ordre que celle de la fin des années 60-début 80, quand il n’y avait pas encore véritablement de problème de chômage1.
    Contrairement à tout ce qui s’est dit au niveau médiatique et politicard sur le caractère corporatif du mouvement, on y trouve bien des ferments de dépassement de la notion d’intérêt. Ce serait une erreur de ne concevoir l’entrée dans la grève (...)

  • Retraites à vau-l’eau et vies par défaut, contre le capital : assaut !, Temps critiques

    Comme Jospin répondant au mouvement des chômeurs de fin 1997 début 1998 en disant que la société doit être fondée sur le travail et non pas sur l’assistance1, Raffarin, Fillon et le medef nous disent aujourd’hui qu’il faudra travailler plus puisque nous vivons plus longtemps. Comment dire plus abruptement que le système de retraite n’est viable que tant que les individus n’en profitent pas ou peu longtemps ? Et effectivement, le système mis en place à l’orée des « Trente Glorieuses » fonctionnait sur un (...)

  • Au-delà de la guerre et de la paix, Temps critiques

    Dans la "gouvernance mondiale" que cherche à organiser le capital aujourd’hui, le moment de la guerre et celui de la paix tendent à se confondre. La "guerre préventive" que mène en Irak le pôle dominant du système, manifeste une reprise d’initiative du capital pour généraliser une "sécurisation" déjà commencée avec la première guerre du Golfe et poursuivie avec l’intervention en Afghanistan. Pour lui, il s’agit de faire sauter les derniers verrous à son développement. Cette offensive vise à obtenir (...)

  • Préface à la troisième édition de La survie du capitalisme. La reproduction des rapports de production (Anthropos, 1973) d’Henri Lefebvre, Jacques Guigou

    Les écrits qui composent ce livre ont été rédigés par Henri Lefebvre entre juin 1968 et octobre 1972. Période hautement critique, encore traversée par les puissants mouvements révolutionnaires qui bouleversaient le monde et ses États et qui, en France culminèrent en mai 1968. Période de forte intensité politique où, comme dans les années 1917-21 de ce xxe siècle, le dépassement du capitalisme est à l’ordre du jour car l’horizon, bien qu’obscurci par l’échec immédiat de la version ouvrière de la révolution, (...)

  • Al Qaeda un proto-État ? Confusions et méprises, Temps critiques

    Article extrait de : Jacques Guigou et Jacques Wajnsztejn (dir.) Violences et globalisation. Anthologie et textes inédits de Temps critiques, L’Harmattan, 2003]
    Les derniers épisodes de violence infernale qui viennent de marquer l’histoire mondiale de ces dernières années ont plongé les hommes et les femmes dans un surcroît de désarroi politique et d’insécurité mentale. Aucun domaine de l’activité humaine n’échappe à cette instabilité. Le langage utilisé habituellement pour exprimer de tels paroxysmes de (...)

  • Complément à Chronique d’une excrétion, Jacques Wajnsztejn

    Globalement, la suite des législatives n’infirme pas notre texte, bien au contraire. Voici quelques points que j’ai relevés :
    1) Le discours alarmiste a entrainé 2 conséquences qui peuvent paraître contradictoires : un vote « utile » d’un côté et plus d’abstention de l’autre. Comme disent les médias c’est le signe d’une plus grande cohérence politique (sous-entendu, nous entrons enfin dans la « majorité » politique que confère à tout grand pays démocratique, la forme parlementaire de la bipartition (...)

  • De la souveraineté nationale à l’“Empire”. Présentation et remarques critiques sur le livre Empire de M. Hardt et A. Negri, Jacques Wajnsztejn

    Présentation et remarques critiques sur le livre Empire de M. Hardt et A. Negri. Ed. Exils. 2000.
    (mes remarques sont insérées dans le corps du texte, mais en italique)
    Introduction liminaire
    Les auteurs partent d’une description de la notion de « souveraineté nationale », dont l’image la plus claire a été donnée par la forme de l’État-nation, pour en signaler la crise définitive. Crise qui n’est pas la fin de toute souveraineté, mais l’origine d’une nouvelle forme composée d’une série d’organismes (...)

  • De la valeur sans le travail a la guerre sans soldats, Temps critiques

    Actualité de Machiavel ?
    Si pour reprendre Machiavel, le pouvoir doit être défini en l’absence de toute référence à des valeurs morales et s’appuyer sur le risque qui peut forcer les situations et créer l’Histoire, fonder un ordre nouveau, on peut dire alors que l’action menée par l’otan dans ce qui reste de la Yougoslavie, fournit l’exemple inverse, d’un coup de force dépourvu d’un réel pouvoir de changer les choses. L’action de l’otan et plus précisément l’action des grandes puissances est limitée par la (...)