Présentation de « Crise financière et capital fictif »


Jacques Guigou & Jacques Wajnsztejn
Paris, L'Harmattan,
coll. « Temps critiques »
2008, 86 p.
ISBN : 978-2-296-07720-1

Notre analyse n’est pas une étude sur la « crise financière ». Elle essaie d’inscrire les ébranlements actuels dans les transformations du capital. Il nous importe donc peu de savoir s’il s’agit d’une « crise finale », mais de comprendre qu’il s’agit bien d’une crise de reproduction de l’ensemble du capitalisme.

Le capital fictif est une forme qui cherche à s’autonomiser de tout travail vivant. La financiarisation de l’économie est aujourd’hui son mode normal de fonctionnement, comme l’inflation l’a été dans la phase précédente. Ce qui relie la période actuelle à la précédente, c’est le développement du capital fictif. Il n’y a donc pas de déconnexion entre économie réelle et économie financière, mais unité des deux dans l’équivalence de tous les capitaux. C’est l’erreur politique des gauches que de vouloir sauver la première de l’enfer de la seconde.

Pour nous, l’essentiel, c’est de ne pas subir « la crise » comme une fatalité.

C’est parce que nous nous situons résolument du côté de la critique de la valeur que nos luttes pourraient viser ce qui apparaît comme son résultat : le prix. En effet, celui-ci s’impose dans tout son arbitraire puisque le travail vivant qu’il contient encore est devenu minime et que le prix du travail, le prix du crédit, le prix du pétrole, le prix de l’immobilier, le prix des services et des transports, tous sont des prix politiques.

Se placer du côté du prix, c’est ainsi lier lutte contre la marchandise et lutte contre l’État.


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Jacques Wajnsztejn
11 rue Chavanne
69001 Lyon


    Partie I
    Le crédit cette forme nécessaire du capital

    • La fonction primordiale du capital fictif aujourd'hui
    • La crise des années 70 et la « révolution du capital »
    • Fictivisation du capital et organisation de la société capitalisée selon trois niveaux
    • Financiarisation et politique du capital
    • Sur la soi-disant « déconnexion par rapport à l'économie réelle » où les lamentations autour de la vraie nature du capital et sa nécessaire moralisation

    Partie II
    L’analyse marxiste des crises aujourd’hui

    • Création monétaire et société salariale
    • Crise de surproduction et crise financière
    • La répartition de la valeur ajoutée et la baisse du taux de profit
    • La théorie des cycles longs face au défi de la tendance aux cycles courts

    Partie III
    alternatives financières et capitalisme du bas

    • De nouvelles tendances rentières
    • Monnaies locales, monnaies fondantes entre alternative et utopie
    • Une alternative au marché financier pour le capitalisme du bas : le micro crédit
    • Sortons des ritournelles et des vieilles lunes