Présentation de « Violences et globalisation. Anthologie et textes inédits de Temps Critiques »


Jacques Guigou & Jacques Wajnsztejn
Paris, L'Harmattan,
coll. « Temps critiques »
2004, 352 p.
ISBN : 2-7475-5744-8

L’effondrement du mur de Berlin, puis du bloc soviétique tout entier, sans autre mouvement de rébellion que celui qui réclamait un libre accès à la consommation de l’Ouest, est venu parachever la défaite des luttes prolétariennes et étudiantes des années 60-70. Cet effondrement, en effet, n’a pas levé l’hypothèque d’un « faux communisme », obstacle historique au développement d’un mouvement « réellement communiste », mais il a supprimé presque immédiatement toute perspective communiste dans les consciences et ceci à l’échelle de la planète.

Cette situation laisse penser à une nouvelle phase de stabilisation du capitalisme : avec la globalisation du capital à l’échelle mondiale, la guerre n’est plus le moteur de l’histoire et l’ouverture de tous les marchés repousserait à jamais l’idée d’une crise finale.

De plus, cette stabilisation permettrait d’encadrer et de conforter une restructuration des rapports de production et des rapports sociaux entreprise dès la fin des années 70 au prix de différentes stratégies de tension de la part des États dominants (liquidation des forces syndicales réfractaires en GB, massacres d’État et répression de masse en Italie). Or, l’intervention dans le Golfe en 1991 et 2003, les événements en ex-Yougoslavie et le 11 septembre 2001 d’un côté ; le développement d’une nébuleuse de résistance à partir des rassemblements anti-G8 d’un autre côté, ont montré la fragilité de ce nouvel « ordre mondial ».


TABLE DES MATIÈRES

  • Avant propos
  • Introduction L'unité guerre-paix dans le processus de totalisation du capital
  • PREMIÈRE PARTIE
    Stratégie de la tension et État d'exception
    • Chapitre I - Le moment de la lutte armée
      • A-VIOLENCE D'ÉTAT ET VIOLENCE REVOLUTIONNAIRE
        • A.1.La démocratie ou la légitimité à sens unique
        • A.2. Révolte et révolution
        • A.3. Violence révolutionnaire ou terrorisme?
        • A.4. Propositions provisoires sur le terrorisme
      • B-L'EXEMPLE DE LA FRACTION ARMEE ROUGE
        • B.1. Le corps, alerte rouge
        • B.2. Le sens de la vie et la politisation de la RAF
        • B.3. La haine du sujet
        • B.4. L'antifascisme comme ersatz de révolution
        • B.5. A propos de la RAF selon Joachim Bruhn
      • C-ÉTAT , TERRORISME ET THEORIE DU COMPLOT
        • C.1. Les vieilles ficelles de la politique
        • C.2. La théorie du complot est incompatible
        • C.3. Manipulation
      • D-LE « LABORATOIRE ITALIEN » ET L'AUTONOMISATION DES INSTITUTIONS
        • D.1. Contre l'amnésie collective et sélective
        • D.2. Passé, présent, devenir
    • Chapitre II - La guerre comme opération de police
      • A-UN MONDE AUX ORDRES
        • A.1. Guerre du Golfe et nouvel ordre mondial
        • A.2. La guerre du Golfe comme opération de police
      • B-LES DIFFICULTES DU MOUVEMENT ANTI-GUERRE
        • B.1. Contre la guerre et la béatitude pacifiste
        • B.2. Non à la guerre, non aux recettes.
        • B.3. La lutte antimilitariste
        • B.4. Quelques points décisifs
  • DEUXIÈME PARTIE
    La globalisation du capital
    • Chapitre I - LA GUERRE ECONOMIQUE
      • I.1. Sur la critique de la mondialisation et ses lieux communs
      • I.2. Les ambiguïtés de la mondialisation
    • Chapitre II - LA TENDANCE A LA TOTALISATION : LA SOCIETE CAPITALISEE
      • II.1. De la souveraineté nationale à "l'Empire"
      • II.2. Capital total et prolétariat universel
  • TROISIÈME PARTIE
    L'impossible stabilisation et les contradictions présentes du capital
    • III.1. De la valeur sans le travail à la guerre sans soldats
    • III.2. Soubresauts
    • III.3. Al Qaida est-il un proto-État ?
    • III.4. Pulsion de mort de l'idéologie capitaliste
  • Conclusion La violence du global