Présentation de « L'Individu et la communauté humaine »


Jacques Guigou & Jacques Wajnsztejn
Paris, L'Harmattan,
coll. « Temps critiques »
1998, 424 p.
ISBN : 2-7384-6771-7

Les mouvements contestataires de la fin des années soixante et tout particulièrement Mai 68 en France et le « Mai rampant » italien constituent un tournant historique. Ils se sont manifestés dans une double dimension : la première s’inscrit dans la tradition du mouvement ouvrier révolutionnaire (conseils, autogestion), alors que la seconde ouvre une époque nouvelle en créant une parole libre qui vise une révolution généralisée à toute la vie et la fin des séparations. Toutefois ces mouvements n’ont pas trouvé de médiation concrète capable de réaliser l’universalité de leur contenu historique. Cette immobilisation du processus révolutionnaire a été à l’origine, d’une part de l’éclosion de mouvements particuliers (féminisme, écologisme) et d’autre part de l’éclatement d’une théorie révolutionnaire désormais orpheline de son sujet (le prolétariat).

Le temps de la critique est alors venu ; celui du bilan politique mais aussi celui de la connaissance d’un monde profondément transformé par la capitalisation de quasiment toutes les activités humaines. Un monde dans lequel l’objectivité des positions de classe laisse la place à une subjectivité problématique d’individus qui oscillent entre hyperindividualisme (l’egogestion) et repli sur des identités formelles ou des communautés du passé (intégrismes). Dans cette tension, se lit pourtant, en filigrane, le besoin d’une communauté humaine dans laquelle pourrait s’exprimer l’exigence des singularités.

Ce premier ouvrage de la Collection Temps critiques n’est pas une énième commémoration de 68, mais un ensemble d’écrits impliqués dans les luttes de ces dix dernières années contre la société capitalisée. Ils veulent développer une nouvelle conception de l’activité critique pour des individus qui n’ont pas abandonné l’espérance d’une tout autre communauté humaine.

 


Avertissement

 

PREMIÈRE PARTIE
La perte du sujet révolutionnaire et la nécessité d'une nouvelle théorie critique

 

  •  Chapitre I : Le moment révolutionnaire de 1968 et son englobement dans les années soixante-dix
    • I.1. De si bouleversantes nécessités
    • I.2. Critique de la théorie du prolétariat
    • I.3. Le développement des " pratiques critiques "
    • I.4. Radicalisation ou impasse de ces pratiques
    • I.5. De l'Autonomie aux autonomies
    • I.6. Mai 68, l'autogestion, les autonomies : une certaine continuité
    • I.7. Le devenu de l'autonomie : le néo-opéraïsme
  • Chapitre II : Le temps de la critique
    • II.1. La critique n'est pas extérieure à son objet
    • II.2. Des rôles respectifs de la théorie et de la critique : la critique est destruction de son objet
    • II.3. La critique, à elle seule, ne résoudra pas l'aporie du sujet révolutionnaire
  • Chapitre III : Discussions autour du projet de Quatrième de couverture
    • III.1.La Quatrième de couverture du n°1
    • III.2. Remarques au sujet du texte de présentation
    • III.3. Des rapports du concret et de l'abstrait
    • III.4. La Quatrième de couverture du n°2 au n°8

 

DEUXIÈME PARTIE
La tension individu-communauté

 

  • Chapitre I  : Situation actuelle de l'individu
    • I.1. L'individu démocratique ou le miroir tragique du salariat
    • I.2. De l'individu à la singularité du tout autre
    • I.3. Cette liberté qui nous subjugue
    • I.4. Servitude volontaire et mystification démocratique
  • Chapitre II : Sur la subjectivité
    • II.1. L'individu, le sujet, la subjectivité
    • II.2. La fabrication de la subjectivité féminine
    • II.3. De la construction à la destruction de la subjectivité féminine
    • II.4. Le plaisir capitalisé
  • Chapitre III : Les rapports individu-communauté
    • III.1. Communauté humaine et communautés de référence
    • III.2. Le temps des confusions
    • III.3. Cité grecque et communisme
    • III.4. " Communauté " : poème graphique

 

TROISIÈME PARTIE
La crise de l'État

 

  • Chapitre I : Les nouveaux visages de l'État
    • I.1. Crise de l'État-nation
    • I.2. De la reproduction étatique à l'époque de l'individu démocratique
    • I.3. L'État c'est aussi nous
  • Chapitre II : Le bluff néo-libéral du marché
    • II.1. Ni plan ni marché
    • II.2. " L'économie de marché " ne représente pas une nouvelle formation sociale

 

QUATRIÈME PARTIE
Pour une critique politique

 

  • Chapitre I : Le statut de la critique
    • I.1. Temps critiques est-elle une revue assez critique ?
    • I.2. La critique doit tenter de combler le hiatus existant entre le niveau de théorisation du dernier mouvement révolutionnaire et les exigences de la pensée des transformations à venir
    • I.3. Quelques mots sur l'activité critique
    • I.4. La nécessaire restauration de la pensée critique
    • I.5. Trois modestes réflexions sur la situation de la critique
    • I.6. Pensée de la situation, théorie critique et événement
  • Chapitre II : La critique face à la crise de la modernité
    • II.1. Fin de la modernité et modernismes révolutionnaires
    • II.2. Quelque chose. Quelques thèses sur la société capitaliste néo-moderne
    • II.3. Dialogue entre Marius et Olive
  • Chapitre III : La critique est un mode d'intervention politique
    • III.1. L'aporie du politique
    • III.2. La politique avant tout
    • III.3. La Quatrième de couverture du n°9