Lettre à la revue A contretemps

Deux ou trois remarques en dehors de l’intérêt certain du texte de Daniel C.

septembre 2016, Jacques Wajnsztejn



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    • – Daniel parle de la faculté sans jamais préciser de quelle faculté il s’agit. Or il est évident, pour qui connaît le mou­ve­ment de l’époque, qu’il se réfère à la faculté du quai Claude Bernard et par­ti­culièrement à celle des Lettres qui abri­tait les seconds cycles d’études et donc les étudiants les plus âgés dont il fai­sait d’ailleurs partie. Outre l’imprécision cela occulte le fait que le mou­ve­ment étudiant lui-même, sans parler donc des grou­pes poli­ti­ques plus ou moins for­mels qui s’agi­taient depuis 1967, en dehors des gau­chis­mes offi­ciels dans des acti­vités qui n’avaient pas l’uni­ver­sité comme centre, est parti du campus de la Doua qui présen­tait un peu les mêmes caractéris­ti­ques ter­ri­to­ria­les (campus de ban­lieue en chan­tier, envi­ron­ne­ment de quar­tier à forte com­po­sante immigrée) et poli­tico-reven­di­ca­ti­ves (problème de la liberté de visi­tes dans les résiden­ces uni­ver­si­tai­res, contes­ta­tion des cours magis­traux par des man­da­rins, du contenu des cours, de socio­lo­gie par exem­ple) que Nanterre. D’où peut être l’influence immédiate qu’y eut la bro­chure du Mouvement du 22 mars de Nanterre que nous allions immédia­te­ment dif­fu­ser le plus mas­si­ve­ment pos­si­ble. Un autre élément fut décisif au début mai, c’est la présence, sur ce campus de la Doua, de l’école d’ingénieurs de l’INSA qui fut la première à lancer la grève et l’occu­pa­tion des locaux (votée en AG dès le 4 mai suite à la première nuit des bar­ri­ca­des pari­sienne du 3 mai). L’INSA était une école d’ingénieurs un peu par­ti­culière dans la mesure où elle était la seule grande école à admet­tre, du fait de ses moda­lités de recru­te­ment sans concours, de jeunes élèves venant des clas­ses popu­lai­res et d’autres plus âgés, venus des mêmes milieux, mais ayant déjà une expérience pro­fes­sion­nelle. L’INSA était connue pour être l’école d’ingénieurs des « pau­vres » par oppo­si­tion à « Centrale », qui exis­tait aussi à Lyon et où l’agi­ta­tion fut plus le fait d’une avant-garde mili­tante que de la masse des étudiants.

      Ce n’est que dans un second temps que le mou­ve­ment s’est déplacé vers le centre ville et les facultés du quai Claude Bernard qui abri­taient sur­tout les seconds cycles d’études.

      Cet « oubli » de la part de Daniel ne lui est évidem­ment pas impu­ta­ble puis­que son entre­tien n’est pas sur le mai 68 lyon­nais mais sur « son » mai 68 lyon­nais. Toutefois, ce biais n’étant pas vérita­ble­ment per­cep­ti­ble, cela le conduit à quel­ques générali­sa­tions un peu trop rapi­des à rela­ti­vi­ser dans la mesure où elles caractérisent beau­coup plus la situa­tion à Lyon-centre, alors que le campus et les cités uni­ver­si­tai­res étaient plutôt à Villeurbanne.

      – ma première remar­que à ce propos est qu’il y avait bien des Comités Vietnam natio­naux (CVN) à coté des Comités Vietnam de base pro-chi­nois (CVB) il est vrai domi­nants. Ces CVN étaient animés par des mili­tants du PSU et quel­ques JCR mino­ri­tai­res pure­ment trots­kys­tes, par oppo­si­tion à ceux for­mant le groupe autour de Françoise Routhier (dont moi-même), pour qui les luttes « tiers-mon­dis­tes » n’étaient pas le ter­rain d’acti­vité privilégié (Guevara ça pas­sait à la limite, mais quand même pas Ho Chi Minh), occupés que nous étions par la mise en place des CAL lycéens, la dif­fu­sion de la bro­chure de Karol Modzelewski et Jacek Kuron dont parle Daniel, etc. La concur­rence entre les deux types de comités était d’ailleurs forte dans le cadre de la pêche aux jeunes mili­tants débar­quant sur le campus puisqu’ils ser­vaient fina­le­ment de relais poli­ti­que « de masse » à côté du relais syn­di­cal que cons­ti­tuait l’UNEF.

      – la seconde est que les « pro-chi­nois » de la Doua par­ti­ci­paient bien plus acti­ve­ment au mou­ve­ment que ceux du Quai Claude Bernard et que l’un des frères Ch. (Alain) par exem­ple, un des lea­ders maos, ser­vait sou­vent de pas­se­relle avec les anars ou ultra-gauche ; de même, J-F. R de l’UJC, étudiant de philo et fort érudit sur l’his­toire du mou­ve­ment ouvrier français et les écrits de Monatte, se fai­sait un malin plai­sir cri­ti­que de rap­pe­ler aux tenants de la ligne pour « une CGT rouge » qu’en fait de maoïsme l’UJCml fai­sait tout bon­ne­ment du syn­di­ca­lisme révolu­tion­naire sans le savoir.

      Bref, les mots d’ordre de repli sur les ouvriers donnés par la direc­tion de l’UJCml face à un mou­ve­ment glo­ba­le­ment taxé de « petit bour­geois » pas­saient mal et nous avions de lon­gues dis­cus­sions avec leurs mili­tants de base sur le sens du mou­ve­ment ou le sens à lui donner. Elles revêtaient un caractère plutôt ouvert et amical car au-delà de leur rigi­dité grou­pus­cu­laire et disons-le sta­li­nienne, ils sen­taient bien qu’il se pas­sait là quel­que chose d’excep­tion­nel. Ces dis­cus­sions étaient pos­si­bles parce que le campus exis­tait et fonc­tion­nait comme un gros vil­lage avec même des cortèges inter­nes alors que les mem­bres de l’UJ n’avaient pas le droit de par­ti­ci­per offi­ciel­le­ment aux mani­fes­ta­tions stric­te­ment étudian­tes ou plus exac­te­ment non qua­lifiées d’ouvrières. Ce n’est qu’une fois déplacé le centre du mou­ve­ment vers les facultés du centre ville et à partir de l’occu­pa­tion de celle de Lettres que les ten­sions allaient se faire jour et se radi­ca­li­ser entre les maos et nous, Jacques Flaurot dont parle Daniel, était devenu par exem­ple complètement obsédé par la présence des maos1 et cher­chait fina­le­ment à nous entraîner dans une lutte entre sectes au moment des décisions à pren­dre dans des réunions plus res­trein­tes que celles des AG. Ce qui est para­doxal et Daniel fait bien de le signa­ler, c’est que ces peti­tes machi­na­tions inter-grou­pes se dérou­laient sou­vent en cou­lisse et ne se retrou­vaient pas vrai­ment dans les AG jus­te­ment où l’unité nais­sait ou se recréait à partir d’un souf­fle qu’il faut bien dire révolu­tion­naire qui recou­vrait tout comme le dit bien encore Daniel à propos de sa première inter­ven­tion publi­que.

      Il faut insis­ter là-dessus, sur cette liberté de paro­les que nous avions littérale­ment prise à l’époque, car aujourd’hui, le mou­ve­ment de 1968 est tel­le­ment cri­tiqué et même haï que tout le monde y com­pris des médias alter­na­tifs ou même des indi­vi­dus par­ti­ci­pant à Nuit debout en trans­por­tent des images déformées aux allu­res d’évidence. Ainsi de l’idée que les grou­pus­cu­les gau­chis­tes et des gran­des gueu­les mili­tan­tes auraient empêché tout le monde de s’expri­mer ou auraient mani­pulé les débats sans souci du res­pect de la démocra­tie. Il est vrai qu’il n’y avait pas ce souci parce que jus­te­ment c’est la liberté qui pre­nait la parole et qu’on ne res­sen­tait pas le besoin de la régle­men­ter par un for­ma­lisme démocra­ti­que. On était comme emporté et nul ne son­geait à évaluer le degré de ver­ti­ca­lité ou d’hori­zon­ta­lité des AG, nul ne son­geait à mesu­rer et minu­ter les tours et temps de paro­les et à ins­ti­tuer des codes sui­vant des signes kab­ba­lis­ti­ques caractéris­ti­ques de l’entre soi. Le média­ti­que Romain Goupil, un défroqué de la révolu­tion, en a rajouté récem­ment en pre­nant son cas comme exem­ple de mani­pu­la­teur à l’époque (on ne se refait pas même si on n’est plus au ser­vice de la même cause !) alors qu’aujourd’hui la pureté de Nuit debout serait remar­qua­ble. Exit Lordon, Fakir et autres, il n’y aurait que des oies blan­ches sur les places. Refaisant sa petite his­toire il en oublie même qu’avant de deve­nir un sou­dard en chef de la Ligue com­mu­niste il avait été un JCR dans son lycée (Condorcet) dis­cu­tant et menant des actions avec des mili­tants de l’AMR et aussi avec le petit groupe anar­chiste qu’il côtoyait à l’époque dans ce même établis­se­ment.

      – la troisième est que Daniel parle par­fois de mai 68 avec le lan­gage de l’après-mai. C’est par­ti­culièrement net dans son emploi récur­rent du terme de « liber­taire » qui n’était guère employé à l’époque autre­ment que dans le sens idéolo­gi­que de « com­mu­nisme liber­taire » pour se dis­tin­guer des différentes formes de socia­lisme ou de com­mu­nisme « auto­ri­tai­res », mais pas comme d’une iden­tité qu’il est devenu depuis au détri­ment, fina­le­ment, du terme poli­ti­que d’anar­chiste/isme, se fon­dant ainsi dans une bouillie cultu­relle qui couvre jusqu’aux « libéraux-liber­tai­res ». Cet englo­be­ment dans une sen­si­bi­lité liber­taire qui triom­phe aujourd’hui en ratis­sant le plus large pos­si­ble, ne tient pas compte du fait que les oppo­si­tions de l’après mai, au sein même de ce qui avait été le mou­ve­ment, étaient très viru­len­tes et que l’enjeu n’en était pas de se regrou­per autour d’une « sen­si­bi­lité » de type affi­ni­taire, mais bien bien une ques­tion poli­ti­que.

      Ces oppo­si­tions inter­ve­naient à plu­sieurs niveaux. Tout d’abord dans le fait qu’un des acquis du mou­ve­ment sem­blait être la faillite com­mune des ortho­doxies marxis­tes et anar­chis­tes et de leurs orga­ni­sa­tions offi­ciel­les res­pec­ti­ves devant un événement s’appa­ren­tant à un orgasme de l’Histoire. Ce même événement avait par ailleurs montré in vivo le caractère dépassé de l’oppo­si­tion entre ces deux pôles révolu­tion­nai­res his­to­ri­ques. Une cons­ta­ta­tion que Daniel Guérin et aussi la revue Noir et rouge avaient effectué avant 1968 et que seuls peut être les frères Cohn-Bendit ont tenté de pour­sui­vre, mais de façon plus indi­vi­duelle avec leur livre Le gau­chisme, remède à la mala­die sénile du com­mu­nisme (Seuil, 1968). D’une cer­taine façon et puis­que Daniel en parle, les Cahiers de mai cons­tituèrent eux aussi une ten­ta­tive de dépasser ce vieux cli­vage vu les cursus très différents de ces pro­ta­go­nis­tes. Nous y revien­drons.

      Logiquement, tout cela aurait dû débou­cher sur une remise en ques­tion plus complète mais on resta à mi-chemin, peut être parce que notre défaite et le fait d’en pren­dre cons­cience assez rapi­de­ment bloqua le pro­ces­sus ou en tout cas il fut enrayé. Dans le milieu marxiste cela se limita prin­ci­pa­le­ment à faire resur­gir des textes hétérodoxes oubliés ou méconnus et côté anar­chiste par exem­ple à trou­bler le congrès des Fédérations anar­chis­tes à Carrare et à repo­ser la ques­tion du pou­voir et de la liberté, mais il n’y eut pas vérita­ble­ment de conver­gence entre ses différentes démar­ches. Les marxis­tes type conseillis­tes ou ceux influencés par la revue d’ori­gine bor­di­guiste Invariance, s’isolèrent dans un tra­vail prin­ci­pa­le­ment théorique ou qu’ils panachèrent (c’est mon cas) avec un acti­visme à l’uni­ver­sité et une acti­vité plus ou moins opéraïste au sein des Cahiers de mai. D’autres tentèrent de dépoussiérer ICO. De leur côté, les anar­chis­tes se disputèrent sur les ques­tions orga­ni­sa­tion­nel­les puis­que la FA avait failli et ceux qui ne s’intéres­saient pas à cet aspect ou du moins ne le privilégiaient pas allaient, par exem­ple à Lyon, vers la conso­li­da­tion d’une mou­vance liber­taire autour du IRL seconde for­mule comme le présente bien Daniel. Mais même si ces deux cou­rants du mai lyon­nais pou­vaient se retrou­ver dans leur oppo­si­tion aux gau­chis­tes et par­ti­culièrement aux lam­ber­tis­tes et aux pro­chi­nois, la cou­pure était belle et bien là. Ensuite, dans le fait de vou­loir recom­po­ser quel­que chose. Dans les différentes ten­ta­ti­ves d’IRL il y avait à mon avis cette idée de réunir une com­po­sante par­ti­culière de mai et donc de ne pas tenir compte du fait que le mou­ve­ment de mai, dans ses forces vives, était lui-même une ten­ta­tive d’uni­fi­ca­tion des com­po­san­tes, par exem­ple au sein des différents types de Mouvement du 22 mars, qu’ils por­tent offi­ciel­le­ment ou non ce nom à Paris, Lyon et Toulouse par exem­ple et ensuite que désor­mais, l’heure était plutôt celle de la décom­po­si­tion que celle d’une recom­po­si­tion. Nous étions défaits et ce qui pou­vait être recom­posé ne pou­vait l’être qu’arti­fi­ciel­le­ment et en rup­ture avec mai parce que le mou­ve­ment y avait posé autre chose, malgré ses limi­tes. Aucune ten­ta­tive de sau­ve­tage ne pou­vait sauver le navire qu’elle soit d’ori­gine trots­kyste au nom d’une théorie du repli pre­nant le nom de « répétition générale » (la LCR) ou anar­chiste (ce que j’appel­le­rais la régres­sion liber­taire). Dans ces condi­tions, cons­ti­tuer un « milieu » m’appa­rais­sait comme la chose la pire.

      Je fais à ce niveau une différence entre l’ini­tia­tive à la base de la for­ma­tion des Cahiers de mai2 qui malgré tous ses défauts était dans la conti­nuité de Mai et des ten­ta­ti­ves comme celles des différentes for­mu­les d’IRL. Sans mythi­fier notre acti­vité de l’époque qui condui­sit l’aile plutôt ultra gauche du mou­ve­ment à un repli vers le tra­vail théorique, un repli de plus en plus sou­ter­rain au fil des années et donc à un splen­dide iso­le­ment pour ceux qui n’accom­pa­gnaient pas cela d’autres acti­vités, nous fûmes cer­tains à réagir de façon viru­lente au second projet d’IRL, ce que ne men­tionne pas Daniel. C’est d’autant plus éton­nant qu’il cite dans son entre­tien les noms de Norbert B et de JW qui ont été parmi les quatre per­son­nes (avec Bernard D et J-Louis J) à écrire un texte public contre ce projet dont le titre est tout un pro­gramme : « IREEL ou de la misère en milieu lyon­nais ». Un texte que Norbert fina­le­ment ne signa pas à cause d’une phrase sur « la bande des Tables clau­dien­nes » qu’il jugea inac­cep­ta­ble, mais qui ne remet­tait pas en ques­tion son accord global sur le contenu d’ensem­ble du texte. Un texte qui n’a pas grand intérêt en lui-même car il cédait à la mode pro­vo­ca­trice et au ton péremp­toire de l’époque (fina­le­ment un style « pro-situ » qu’on retrouve dans le titre et que, para­doxa­le­ment, nous condam­nions par ailleurs sans pou­voir y échap­per complètement), mais il garde le mérite de mar­quer un désac­cord poli­ti­que pro­fond qui per­du­rera pen­dant pres­que vingt ans entraînant non seu­le­ment une nou­velle cou­pure entre anar­chis­tes (redéfinis comme liber­tai­res) et com­mu­nis­tes radi­caux3, mais une cou­pure affec­tive qui détruira pen­dant de nom­breu­ses années les liens d’amitié que Daniel et moi entre­te­nions (entre parenthèse et pour son infor­ma­tion, je fai­sais partie des occu­pants de sa voi­ture dans l’équipée du procès de G. Nicoud à Grenoble). D’où aussi, comme le signale Daniel, le rap­port ambigu que nous entre­te­nons encore (Norbert et moi) avec les « liber­tai­res ». 

      En espérant que ces précisions seront utiles.

      Bien ami­ca­le­ment,

      Jacques W

       

      Voir dans A contretemps :
      D’un mai 68 lyonnais : entretien avec Daniel Colson

      Notes

      1 – Il faut dire que la situa­tion était com­pliquée par le fait que les maos du campus avec qui nous avions le plus de rap­ports, y com­pris donc cor­diaux, désertèrent peu à peu l’uni­ver­sité pour se mettre « au ser­vice du peuple », alors que les maos à qui nous eûmes à faire par la suite étaient ceux du PCmlf, certes favo­ra­bles au mou­ve­ment mais ultra-sta­li­niens et sec­tai­res avec qui toute dis­cus­sion s’avérait impos­si­ble.

      2 – Sur l’expérience des Cahiers de mai, qu’il me soit permis de citer le « Bilan cri­ti­que de l’acti­vité des Cahiers de mai  », co-écrit avec J-Louis J. et dis­po­ni­ble sur le site de Temps cri­ti­ques à la rubri­que « Archives » ou en bro­chure sur demande contre frais pos­taux. Si Daniel ne le men­tionne pas dans l’entre­tien de 2009 c’est je pense parce que je n’en avais pas fait encore d’édition publi­que, mais j’ai eu l’occa­sion récem­ment d’en parler avec lui et il me semble qu’il ne mani­feste pas d’oppo­si­tion par­ti­culière à son contenu.

      3 – Une revue comme Théorie Communiste fut par exem­ple inter­dite un temps à la librai­rie La Gryffe, sans doute suite à ses dis­sen­sions, sans doute parce que cer­tains d’entre nous entre­te­naient des rela­tions avec des mem­bres de cette revue.